Haut-potentiel-Mon-parcours-vers-détection-conscience-responsable
Haut potentialité

Ma découverte de la haute-potentialité : euphorie, doute, changements de vie

15 novembre 2020

Je ne connais pas assez de hauts potentiels pour te dire quel sont les façons les plus courantes de diagnostiquer un haut potentiel. D’ailleurs, je ne connaissais absolument pas cette notion avant d’y être confrontée, j’ai toujours entendu parlée de surdouée.

Pour ma part la haute potentialité a boulversée ma vie de A à Z, au-delà de changer ma vision sur le monde et de me découvrir telle que je suis, j’ai perdue, famille, amis et amoureux dans cette découverte.

Au fait, tu es HP, tu le savais ?

Cette phrase qui me résonne encore et encore dans la tête est tombée telle une bombe un soir de semaine alors que j’avais à peine 22 ans. J’étais à ce moment-là en master 1, en alternance et j’avais un projet d’école, un challenge web à remporter. Cela faisait environ 2 – 3 mois que je parlais à ce mentor que j’avais découvert sur internet.

Ma mère se battait à ce moment-là contre son deuxième cancer du sein donc ma priorité n’était pas vraiment ce challenge au départ. J’étais avec mon premier amour depuis plus de 3 ans, celui dont toutes les filles rêves, attentionné, généreux, que je connaissais depuis toute petite. On habitait ensemble et malgré tout je sentais qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.

Avec mon mentor, on parlait du matin au soir : à la base sur le challenge et sur le webmarketing puis ensuite sur nos vies. Là le premier déclic est apparu, je me sentais enfin comprise pour la première fois de ma vie. Je trouvais enfin quelqu’un avec lequel je pouvais poser des questions sur la vie sans qu’on me regarde avec des yeux interloqués et les sourcils froncés l’air de dire « Mais elle sort d’où ta question ? ».

Puis un soir, il me balance la fameuse bombe « Au fait, tu sais que t’es HP ? ».. BOOM 

Haut potentiel : découverte en terrain inconnu

Je ne comprenais pas ce nom de code « HP », puis il m’envoie ce lien.

Au début je ne le croyais pas, certes je me reconnaissais dans pas mal de trait mais c’était le caméléon qui parlait. Après tout, je pouvais devenir n’importe quoi vu que j’aimais pleins de choses.

La nuit suivante a été fort courte, le sommeil agité, ce cerveau en ébullition qui ne veut pas dormir et s’abreuver de toutes les connaissances disponibles sur le web à propos des hauts potentiels. Les semaines qui ont suivi j’ai bombardé de questions mon mentor, oscillant entre les moments d’euphorie parce que j’avais peut-être une réponse à mon éternel fonctionnement bizarre et des moments de doute avec ce fameux syndrome de l’imposteur.

Si tu ne sais pas ce qu’est le syndrome de l’imposteur je vais te le décrire brièvement : c’est le fait de ne jamais se sentir légitime pour quelque chose.

Par exemple, je ne me sentais pas légitime d’avoir un QI plus élevée ou d’exceller dans un domaine. Quelqu’un qui a ce syndrome ne s’attribue jamais ce genre de mérite.

Du coup, je lisais tout ce que je pouvais trouver sur le net qui me permettait d’en savoir plus. Ensuite j’ai acheté des livres (ceux de Jeanne Siaud-Facchin sont les bases dans ce domaine !).

Mais je n’ai pas passé les tests tout de suite pour deux raisons :

  • Je ne me sentais pas légitime (et si mon mentor se trompaient ? Et si le résultat était négatif ?)
  • Cela coutait beaucoup d’argent pour une étudiante en alternance qui devait assumer son loyer et tous les frais de son horrible voiture (que dis-je un gouffre financier sur 4 roues..)

C’est là que vient l’étape suivante, l’entourage.

Haut potentiel, zèbre : Chéri, il faut que je te parle de quelque chose…

Ce précieux secret qui logeait en moi tel un futur nouveau-né était bien là où il était. Le partager au monde était une autre paire de manche. Donc j’ai voulu en parler avec la personne qui partageait ma vie à cette époque : mon amoureux.

Je me suis dit que s’il y avait bien une personne qui me comprendrait le mieux, en dehors de mon fameux mentor, c’était bien lui.

Je pense que je me souviendrais toute ma vie de ce moment. Un week-end, couchés tous les deux sur le lit, dans notre appartement, l’envie de tout lui dire me vient en tête et je ne peux plus lutter.

« Chéri, il faut que je te dise quelque chose et ça me tient particulièrement à cœur donc s’il te plait ne me juge pas ».

En lui racontant tout mon cheminement simplement, il finit par me dire « Ne croit pas ce genre de choses, c’est comme quand tu as mal à la gorge et qu’en regardant sur internet Doctissimo te sort que tu as un cancer du gros orteil gauche ». C’est la douche froide.

Mon mentor m’avait prévenu que mon entourage n’allait pas comprendre, et que ça allait forcément creuser un fossé entre moi et ceux qui ne comprennent pas.

Au final, il m’appelait « la marque d’ordinateur » (Haut potentiel = HP = marque d’ordinateur, tu saisis ?) de temps en temps, quand on était seul ou avec des amis, à n’importe quel moment de la journée.

Bref, il me prenait clairement pour une illuminée doublée d’une débile.

Ensuite j’en ai parlé à mes parents, de manière très brève parce que je savais qu’eux auraient une réaction bien plus virulente et négative. J’ai effectivement eu le droit à une remarque de mon père « T’es pas plus intelligente qu’un autre ».

En parler par la suite à mes amis ? Vu la réaction de mes proches, ça m’en a clairement coupé l’envie. J’en ai quand même parlé quelques mois après avec l’une de mes meilleures amies et j’ai eu le droit à « Ah oui ? Du coup, je pense que moi aussi je le suis ». Positif mais aucune écoute de sa part.

Dans ces cas-là j’avais deux solutions : abandonnée cette quête vers la découverte de moi-même (allant bien au-delà de la haute potentialité) et rester dans le rang normé ou continuer à faire connaissance chaque jour un peu plus de ma vrai moi.

Une crise identitaire perpétuelle 

J’ai eu l’impression plus d’une fois de devenir folle, car quand je me contentais d’une vie normale (celle dont j’avais rêvée) et que je refoulais au plus profond de moi toutes mes aspirations, mes envies et mes sentiments, je remettais ma vie en question.

Combien de fois je me suis interrogée sur mes sentiments envers mon copain ? Combien de fois je me suis auto-sabotée (ma spécialité) ? Combien de fois je me suis demandé ce que je ressentais à l’instant T pour au final ne ressentir que du vide ?

J’avais de violentes descentes de morale car je ne me sentais pas bien à ma place. Je n’ai jamais réussi à m’épanouir pleinement en tant que salariée, d’ailleurs je vous raconterais ça dans un prochain article car je pense que c’est une caractéristique très présente chez les HP.

Le fait de ne pas s’épanouir dans sa vie et en plus de ne plus réussir à ressentir des sentiments fins donnait des moment d’euphorie et d’amour incroyable et à l’inverse des burn-out et des mini-dépressions. Par contre j’étais une éponge émotionnelle : j’ai beaucoup d’empathie, je peux ressentir les sentiments des autres s’incruster au plus profond de moi sauf que je stocke tout ça. Je n’arrive pas à extérioriser, jusqu’au jour où tel un volcan qui entre en éruption tout ressort sous forme de colère très très très intense.

Ce n’était pas facile à gérer ni pour moi, ni pour mon amoureux de l’époque qui me prenait encore plus pour une folle.

À force d’être un caméléon et une vraie éponge à émotion je ne savais plus qui j’étais, ni ce que je faisais. Je ne trouvais pas d’intérêt à vivre mise à part de me marier et d’avoir des enfants et là encore ces idées ne m’enchantaient pas spécialement. Je vivais pour être la femme parfaite pour mon copain, rien de plus. Je souhaitais juste le rendre heureux et être celle dont il a toujours rêvé.

J’étais juste morte de l’intérieur et je survivais dans un monde où je ne me sentais pas à ma place.

C’est mon mentor qui m’a redonné cette petite étincelle, je me confiais énormément à lui et je lui avais dit que je ne me sentais pas de ce monde mais que je me sentais destinée à faire des choses différentes et hors normes mais surtout de grandes choses ! C’est un peu prétentieux de ma part, mais je ne sais comment l’expliquer, je savais que je n’allais pas faire ma vie en tant que salariée, à attendre patiemment mes 5 semaines de vacances annuelles en vivant ma vie simplement.

Je savais que j’avais quelque chose à faire que ce soit dans le monde de l’entreprise, où même influencer positivement le quotidien de mon entourage et d’autres personnes dans un domaine X ou Y.

Le diagnostic du zèbre : épreuve du feu et soulagement

Je sais que cet article est extrêmement long, d’ailleurs toi qui lit ces lignes, bravo pour ta tenacité !

On arrive au diagnostic qui arrive… 1 an et demi après cette fameuse phrase « Au fait, tu sais que tu es HP ? ». Mon mentor fait toujours partie de ma vie, d’ailleurs malgré tout cela on a fini par créer une relation amoureuse durable.

Je viens de vivre un gros séisme dans ma vie où j’ai perdu mon premier amour, mes meilleurs amis, mes parents et ma sœur. Ils me pensent tous folle, ne font pas confiance à ce fameux mentor qui me met des idées en tête de HP à la con. Ils ont même été jusqu’à s’introduire dans ma vie privée, stalker mes conversations sur internet et les partager entre eux (famille et amis compris).

C’est le moment que vient ma fuite : je quitte Nantes pour partir vers l’Andorre, loin de tout ce vacarme.

Le test WAIS IV chez une psychologue qualifiée

Mais avant de partir, je mets de l’ordre dans mes affaires. J’ai économisé pour ce moment tant attendu le diagnostic. Habitant près de Nantes, je trouve la meilleure psy HP de la région Mme Valérie Burban qui a été incroyable. Évidemment, je n’en parle à personne sauf à mon mentor.

D’ailleurs sont protocole m’a un peu déstabilisé : en prenant rendez-vous j’ai dû envoyer un mail récapitulatif de ma vie, de mes difficultés etc… Ce à quoi je m’exécute.

En arrivant au premier rendez-vous, elle n’est pas surprise, on discute de ma vie, elle relit mon mail et me dit clairement « Bon on va vous faire le test mais pour moi il n’y a aucun doute vous êtes HP, ça se voit comme le nez au milieu du visage ».

Un peu déstabilisant mais rassurant.

Vient le deuxième rendez-vous, celui du fameux test. Je ne vais pas te dire ce qu’il y a dans le test exactement parce que je ne saurais m’en rappeler exactement mais globalement c’est du :

  • Raisonnement logique : trouver des points communs entre des notions, des définitions de mots, dessiner des formes à l’aide de cubes dont les faces ont des couleurs différentes, relier des symboles avec des chiffres
  • Raisonnement « mathématique » : retenir des suites de chiffres, remettre dans l’ordre des suites de chiffres, etc

Le test se passe bien. Avec la psychologue on remarque que quand j’ai une once de stress, cela me déconcentre et je plante une partie de l’exercice.

Je me rappelle avoir eu un mal de tête de dingue après ce test, qui ne paraissaient pourtant pas si difficile que cela.

HP : Le diagnostic final tombe, et après ?

Un mois après, l’heure est au diagnostic chez le psychologue. Le diagnostic est sans appel, je suis Haute-potentiel mais ce n’est pas tout. Au-delà de cela elle refait un point sur le test, mes points forts, mes points faibles.

Mais globalement j’ai réussi le test parfaitement à deux choses près. J’avais besoin de savoir pourquoi j’étais si différente et c’est ce test qui m’a donné la réponse.

Avant cela, il faut savoir qu’un Haut potentiel possède un quotient intellectuel à partir de 130. Le test WAIS IV mesure le QI jusqu’à 160 point.

À en croire la psychologue, elle était persuadée que j’étais HP dès qu’elle a reçu mon mail, cette intuition s’est confirmée lors du premier rendez-vous. Le test n’était finalement qu’une formalité. Elle m’annonce alors le fameux chiffre : 156…

Ce n’était pas ça le plus surprenant, parce qu’au finale cela ne reste qu’un chiffre. Elle m’a bien expliqué, que j’aurais dû sauter 2 classes, que mon mal-être permanent est normal et que je ne serais jamais dans une réalité normée. J’ai aussi de fortes capacités d’adaptation dû à cette personnalité caméléon mais finalement je me sentirais toujours incomprise de mon entourage.

Il faut savoir une chose importante sur le QI. Entre une personne qui à 105 (la moyenne) et une personne qui à 130, il y a un monde de différence. Plus le quotient intellectuel est haut, plus il y a des univers de différence entre deux personnes. Mon mentor (et amoureux à présent) à un QI de 146, ce qui veut dire que nous avons « seulement » 10 points de différence. Or ça équivaut à deux univers d’écarts.

Elle a bien précisé que mon profil était rare et qu’elle n’en avait rencontré que quatre durant ses 15 années de carrière.

Mon amoureux à quant à lui été sous le choc car il ne s’attendait pas à un tel score. Le fait d’avoir un QI inférieur au mien l’a remis en question parce qu’il ne savait pas si finalement je n’allais pas me lasser de lui.

Être Haut potentiel : Le QI est-ce important ?

Finalement, je dirais que cette notion de QI on l’oublie vite, parce que c’est un chiffre et un potentiel, libre de se développer ou non. Ce qui compte c’est la culture, les connaissances. C’est juste que ce test m’a confirmé que j’avais un raisonnement très spécifique et que j’étais légitime dans le monde des HP. Je ne me sens pas plus intelligente qu’un autre. Je sais juste que j’ai une manière de réfléchir très spécifique et des comportements ou des idées qui parfois peuvent surprendre.

Depuis je ne me suis plus jamais posée de questions sur mes capacités intellectuelles. Je sais qu’elles sont là et c’est le principal. J’en ai parlé à ma mère de ce et je ne sais même pas si elle l’a pris au sérieux. Puisque l’on « paie pour avoir un diagnostic donc le psychologue doit aller dans le sens du patient », voilà le genre de pensée de mes parents. Mais finalement est-ce vraiment important ?

L’important c’est que j’arrive petit à petit à déverrouiller certains blocages, sur mes émotions et mes sentiments. Cela semble simple sur le papier mais c’est un processus vraiment complexe, c’est entrainer son cerveau à changer en profondeur dans sa manière de réagir, un peu comme un muscle que l’on entrain chaque jour.

Je suis alors partie de Nantes des rêves plein la tête, le cœur léger, prête à m’épanouir pleinement dans mes montagnes andorranes.

Only registered users can comment.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *